[fiction : COLLECTIF]

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Proposition menée en partenariat entre l’ArBA (Bruno Goosse) et Arts2 (Didier Decoux) 2014-2015

[fiction : COLLECTIF]. Dans le milieu artistique, le mot collectif, utilisé comme substantif, précédé d’un article indéfini, s’impose depuis quelques années pour désigner un groupe d’artistes, parfois d’artistes et de théoriciens. Il a supplanté mouvement qui avait pourtant l’intérêt d’indiquer son instabilité.

[fiction : COLLECTIF]. Vouloir engager le cours sous le signe de la fiction laisse entendre que le fonctionnement collectif basé sur l’acceptation de règles décidées et acceptées en commun se construit sur le mode du faire comme si… au sein d’un cadre et d’une durée déterminés.
Par ailleurs, le récit (ou l’exposition) de la vie d’un collectif ne se tisse que sous forme fictionnelle. Ce récit se présente en effet comme un façonnement, un modelage, un objet de langage comme un poème mais selon d’autres règles, clos sur lui-même, enfermant son temps d’écriture-lecture dans les signes dont il est fait; et par là indéfiniment réitéré ou réitérable, objet de langage, toujours disponible à la renaissance… ( Louis Marin, De l’entretien, Paris, Minuit.)

1. Du travail

Le travail – qui s’organise d’une manière collective, par groupes – envisage 1° d’interroger et 2° de produire du collectif.

INTERROGER

Différents types du collectif sont questionnés, étudiés et documentés. Il s’agit de collectifs d’artistes, de collectifs pour la transmission de l’art ou, plus largement, d’associations ou d’institutions.

Au sein de fonctionnements collectifs, sont interrogées les formes de maîtrise, d’appropriation: toutes notions que les échanges dans un groupe mettent en question – compte tenu des écarts ou intervalles parfois cacophoniques des voix plurielles qui les animent.

La critique de la position autoritaire d’auteur(s) qu’implique le travail collectif a des conséquences sur la relation entre, par exemple, l’artiste et son objet de travail, ou entre l’auteur et son public, etc…

PRODUIRE

Il s’agit d’abord pour les participant de se constituer en groupe et de déterminer une méthode pour assurer le fonctionnement d’un travail commun: énoncer les conditions de possibilité des échanges; fixer des règles opératoires notamment pour les prises de décision; proposer une sorte de contrat théorique (ou rhétorique) du groupe avec lui-même; déterminer des objectifs, etc.

Différents types de collectifs se dessinent ainsi et chaque groupe fabrique les traces de sa formation, de son fonctionnement, de ses actions ou productions. Chaque collectif prend aussi en charge la visibilité des traces qu’il aura à rendre publiques, exposées, publiées. Le projet [fiction : COLLECTIF] interroge ainsi l’écart entre production et utilisation de documents (dans un contexte artistique ou pas).

2. De l’organisation: méthode, fonctionnement

Le caractère collectif du travail ne sont pas discuté. Les échanges et travaux se font collectivement. L’évaluation prend aussi une dimension collective.

Plusieurs groupes d’étudiants seront constitués, chacun d’environ cinq étudiants. Chaque groupe est amené à discuter de son fonctionnement et à débattre de ses règles d’organisation de telle manière que chaque membre du groupe exerce concrètement différentes fonctions ou occupe différentes positions qui émergent comme possibles.

Les groupes se fixent également des règles de travail pour déterminer des protocoles et conduire à des formalisations et à leurs modalités de présentation publique.

Chaque groupe établit collectivement son objet d’étude. A chaque étape, des traces des discussions et propositions sont conservées et organisées. Tout au long du processus, il est veillé à ce que se maintienne l’exigence d’un intérêt collectif pour l’objet d’étude exploré.

[fiction : COLLECTIF] étant un projet mené en partenariat Arba – Arts2, des moments de rencontre ont été planifiés entre les étudiants des deux écoles, surtout au travers d’un workshop commun.

3. En pratique

Les acteurs se retrouvent régulièrement par groupe. Il est nécessaire d’expérimenter les effets que chaque décision peut avoir sur le groupe et sur ses composantes, et de s’interroger sur les tensions qui apparaissent ou sont étouffées.

Il est nécessaire de réfléchir le mode de fonctionnement des prises de décision collectives: qui ? Suivant quels modes de représentation? Qu’est-ce qui existe? Que peut-on inventer et mettre en œuvre? Qu’est-ce qui est organisé et qu’est-ce qui est abandonné? …

Des traces de l’ensemble du processus sont gardées: Qui retient quoi? Qui traite l’info? Sous quelle forme? Pour en faire quoi? Quelle incidence a cette info traitée sur la poursuite des actions du groupe? Comment organiser et gérer efficacement cette complexité?

Un objet d’étude précis se dégage concernant la question du collectif: Quel est cet objet?
 Dans tous les cas, le groupe se montrera ouvert à des formes de rencontre avec autrui.

D’un groupe à l’autre ou/et d’un lieu à l’autre, des présentations de l’avancée des recherches ont été organisées, livrant ainsi les travaux à la réciprocité des regards critiques.